Cadrage, éclairage, positionnement par rapport au sujet... Même si les réglages techniques permettent d’obtenir des photos de qualité avec un compact, un cliché reste avant tout une question de regard et de perception.
Bien cadrer avec un compact numérique par A. Guillen
1. Choisir un sujet Sous l’eau, le choix des sujets est vaste : flore, faune, épaves… Pour ne pas perdre de temps, mieux vaut connaître le site de plongée avant de se mettre à l’eau et se concentrer ensuite sur un type de photo comme la macro ou le grand angle. Durant une même plongée, nous vous conseillons de travailler sur un même thème, pour ne pas vous disperser.
2. S’orienter par rapport au soleil Avec un compact numérique, évitez les photos avec le soleil présent dans le champ. En effet, les capteurs de ces appareils sont très sensibles : les zones surexposées sont complètement brûlées et engendrent de très grandes auréoles jaunâtres donnant un aspect disgracieux aux photos.
3. S’approcher le plus possible du sujet Pour obtenir les couleurs les plus vives possibles, il faut s’approcher au maximum du sujet, que vous utilisiez la lumière naturelle ou artificielle. En effet, plus vous limitez l’épaisseur d’eau (profondeur + distance objectif entre flash et sujet), plus vous limitez l’absorption de la lumière par l’eau. Une phrase à retenir : “aller très près du sujet ; une fois arrivé, aller encore plus près.” Il faut cependant être discret pour ne pas effrayer les sujets vivants et se montrer prudent pour ne pas se faire piquer par des oursins par exemple. D’autre part, restez toujours respectueux de l’environnement.
4. Bien s’orienter par rapport au sujet Pour réaliser une photo, vous avez le choix entre une prise de vue en plongée (le regard est dirigé vers le fond), une prise de vue en contre-plongée (le regard est dirigé vers la surface) ou une prise de vue horizontale. Le choix dépend du sujet, de la scène, du soleil. Prenez plusieurs prises de vue : vous choisirez la meilleure au moment du tri des photos. De manière générale, les vues en plongée ou contre-plongée sont plus “artistiques” et la composition intégrera un arrière-plan plus ou moins bleu en fonction de l’effet recherché. La prise de vue horizontale est plus appropriée à la photo bio ou témoignage.
5. Placer l’éclairage Avec l’utilisation d’un flash interne, il est impossible de modifier le placement de l’éclairage : si des particules sont présentes entre l’objectif et le sujet, elles réfléchiront la lumière émise par le flash et seront apparentes sur la photo. Avec un flash externe ou un phare sous-marin, l’éclairage peut être placé au-dessus du caisson en formant un angle de 45° avec le sujet : les particules situées au premier plan ne sont pas éclairées et l’effet rendu par la lumière est beaucoup plus naturel. C’est la position idéale pour réaliser des photos en macro. Pour des photos rapprochées ou des grands angles, il est conseillé de placer l’éclairage sur le côté, un peu au-dessus du caisson en formant un angle de 45° avec le sujet toujours pour éviter d’illuminer les particules du premier plan.
6. Cadrer Le cadrage de la photo peut être soit horizontal (plus naturel) soit vertical. Ce dernier est souvent négligé par les photographes équipés de compacts. Le cadrage dépend de la scène à photographier : pour une épave assez grande, le mode horizontal est conseillé ; pour un tombant, le mode vertical est plus indiqué. Mais aucune règle ne prévaut : nous conseillons de varier les cadrages pour un même sujet. Attention cependant : avec le flash interne, dans les photos verticales, des zones sombres peuvent apparaître dans la partie basse de la photo ; il est recommandé d’ajouter un diffuseur pour augmenter la couverture angulaire.
Mœurs et habitudes de vos sujets Pour faire de bonnes photos, il faut dans un premier temps se documenter sur la faune et la flore sous-marines. Vous apprendrez ainsi où et quand trouver tel poisson ou tel invertébré. N’hésitez pas à plonger avec des spécialistes en biologie marine. Ils savent mieux que quiconque dénicher les petites espèces (nudibranches, blennies, gobies...), très photogéniques en macro. Un petit conseil : face à des poissons en mouvement, respirez calmement pour éviter que les bulles ne les fassent fuir. Composer ses photos de poisson par A.Guillen
Sujets mouvants, difficiles à cadrer, les poissons apparaissent souvent flous. Mais avec quelques petites règles de composition, il est possible de photographier correctement murènes, mostelles et barracudas.
Les règles de composition de la photo de poisson dépendent du but final du cliché : livre d'identification des espèces, reportage, poster artistique...
1. La photo scientifique Ce type de photo est le plus facile à réaliser. Le cliché va servir à identifier une espèce de poisson sur un site de plongée donné ou dans une région géographique particulière : il doit montrer l'ensemble des caractéristiques du poisson. Le sujet doit remplir la photo au maximum. Le photographe ne cherche pas à saisir une expression ou à faire passer une émotion, il se contente de montrer le poisson tel qu'il est et de préférence dans son habitat naturel. Ce type de cliché doit montrer la tête, les nageoires, la queue et les détails anatomiques. Si le poisson évolue dans le bleu, il doit être photographié en pleine eau ; si au contraire, il vit dans les rochers, son milieu doit être présent dans l’image. Les photos peuvent montrer des poissons pris de côté, de face ou encore des détails comme la queue. Si le poisson a un comportement particulier, comme le port des œufs dans la gueule par exemple, il doit absolument être montré.
2. La photo artistique Dans ce type d’image, le poisson est un élément de la composition générale. Il n'est pas nécessaire de montrer des détails anatomiques particuliers. Si vous souhaitez réaliser une photo d’ambiance, l'image doit être dynamique avec des sujets en mouvement. Si vous optez pour un portrait, capturez les deux yeux de l’animal et fermez l'objectif le plus possible pour obtenir la plus grande profondeur de champs afin d'avoir des détails du corps.
3. Les yeux nets : la priorité Quel que soit le type de composition choisi, les yeux des poissons doivent toujours être nets. C'est sur cette partie que la mise au point de l'objectif doit être effectuée. Si les yeux sont flous, la photo sera ratée car elle sera disgracieuse. La zone de mise au point est souvent matérialisée par un carré dans la fenêtre à l'arrière du boîtier. Utilisez le joystick de votre appareil pour déplacer la zone.
4. Le poisson coupé Contrairement à bien des idées reçues, un poisson peut être coupé dans une photo à condition que la composition reste équilibrée. Évitez, par exemple, de couper un sujet aux trois quarts de sa longueur ou encore de couper juste la queue.
5. L'orientation du poisson Si le poisson est le sujet principal de la composition, il doit avoir de l'espace devant les yeux. Certains photographes conseillent aussi de l'orienter de la gauche vers la droite comme si l'image devait être lue. Si la photo concerne un banc de poissons, il est préférable de le photographier de face ou de trois quarts afin de donner du mouvement et de la vie à la photo.
6. De la couleur ! De manière générale, les poissons sont très colorés avec des nuances que l'on retrouve peu sur terre. Approchez-vous au maximum pour mettre toutes ces couleurs en valeur.
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