Le thon rouge au bord de l'extinction ?

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Le thon rouge au bord de l'extinction ?

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) qui s'est réunie à Paris vient de reconduire le quota de pêche du thon rouge de 2010 pour 2011, soit 12900 tonnes. Alors que toutes les ONG demandaient un moratoire ou une réduction substantielle de 6000 tonnes pour assurer la survie des stocks, la France représentée par Bruno LEMAIRE a soutenue la poursuite de la pêche défendant la pêche industrielle, soit quelques thonniers senneurs au détriment de la pêche artisanale qui fait vivre de nombreux petits pêcheurs de nos côtes.

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Les ONG réclamaient par ailleurs des sanctuaires marins sur les lieux de reproduction du thon rouge pour assurer sa survie. Rien non plus de ce côté-là ! L'Europe défend ses intérêts économiques au détriment d'une espèce emblématique qui a traversé les siècles et qui voit ses stocks fondrent comme neige au soleil ses dernières années à cause de la surpêche et de la pêche illégale. Pas ou peu de contrôles sont effectués dans les eaux internationales. Le principe de précaution dans le cas de la pêche ne s'applique pas.

Le thon rouge est pêché presque exclusivement pour le marché japonais afin d'alimenter les sushis bars très en vogue ses dernières années. Au Japon sur les marchés de poissons, la spéculation bat son plein et des entrepôts sont construits pour stocker des thons morts en vu de sa disparition. On marche sur la tête !

L'Europe de son côté avec la France en tête a développé la pêche industrielle à coups de subventions sans mesurer les impacts écologiques engendrées par les ravages de celles-ci sur les milieux : ratissages systématiques des côtes en France mais aussi en Afrique au détriment des pêcheurs locaux qui voient leurs ressources disparaîtrent...

Les océans se vident et rien n'est fait. C'est dans les musées que nos enfants découvriront le thon rouge et bien d'autres espèces qui risquent de le rejoindre comme les tortues ou les requins malheureusement !

Le thon rouge

 ne cesse de faire parler de lui en ce moment. D'un coté le Japon qui apprécie sa chair en sashimi, ou accommodée en sushi, et qui absorbe à lui seul 80% des captures des stocks de l'atlantique et de la méditerrannée, de l'autre des stocks qui ont chuté très dangeureusement en un demi-siècle et une espèce désormais menaçée selon les scientifiques. Les stocks de thon rouge de l'atlantique ouest ont d'ailleurs été déjà décimés.

Malgré des quotas toujours plus faibles chaque année, les thonniers senneurs se sont modernisés grâce aux subventions de l'Europe et sont aujourd'hui truffés d'électronique et déploient des filets sur des kilomètres pour encercler les bancs qui n'ont aucune chance de passer à travers. Malgré la mise en place de quotas, rien n'y fait, il ne sont pas respectés et des transbordements sont fait en mer pour passer par d'autres pays plus conciliants. On estime que la pêche non déclarée est au moins du double de celle autorisée. Nombre de thonniers passent aussi sous d'autres pavillons pour éviter tout contrôle. Non content de pêcher les adultes, les jeunes sont également prélevés pour être engraissés dans des fermes au large des côte de Malte et être ensuite revendus dans l'année qui suit. Beaucoup de jeunes thons rouges mourront pendant le transport dans les filets ou dans les cages d'engraissage.

Les pays européens devraient en mars à Doha proposer la mise en Annexe 1 de la CITES du thon rouge ce qui signifie que le thon rouge ne pourra plus être commercialisé au niveau international comme l'a été l'éléphant d'afrique en son temps.

Le japon déclare qu'il fera tout pour empêcher cette interdiction ! Pourtant premier consommateur de poissons avec 7 000 000 de tonnes par an et très dépendant des ressources halieuthiques, ce pays ne semblent pas adopter de démarche durable pour la pêche, seule l'économie à court terme semble l'emporter. Mieux, de gigantesques entrepôts frigorifiques sont construit pour stocker le poisson.

Sans protection le thon rouge va disparaitre des côtes européennes. Ce prédateur magnifique est indispensable à l'équilibre des espèces, c'est un gros consommateur de méduses. Nos enfants connaitront-ils que des mers sans poissons et plein de méduses ?

La position des japonais concernant les ressources de la mer est déconcertante. Le massacre de bancs dauphins dans une petite crique au sud du Japon (The Cove), l'expermination des dauphins au nord du Japon, la chasse de la baleine dans un sanctuaire international protégé sous couvert de recherches scientifiques (cf les action de Paul WATSON de Sea Shepherd), les déclarations d'un autre siècle des responsables des pêches japonaises indiquant que les baleines sont des animaux nuisibles et responsables de la diminution des ressources halieuthiques, ...

Dans quelques semaines, nous connaitrons la décision de la CITES qui est à ce stade favorable à la protection du thon rouge. Espérons que la raison l'emportera sur l'économie. Quid de la campagne de pêche de 2011 ? Assistera-t-on à un pillage organisé pour quelques dollars de plus ?